Fumiko Shimojō a deux enfants et son mariage avec un homme qui la trompe est malheureux. Poétesse, elle compose des tanka et participe à un cercle littéraire aux côtés de deux amis d'enfances, Kuniko et son mari Takashi Hori. Fumiko est secrètement amoureuse de Takashi Hori. Ce dernier la soutient dans sa création poétique mais il souffre d'une maladie incurable. Après avoir surpris son mari avec une amante, Fumiko demande le divorce et retourne vivre chez sa mère et son frère Yoshio, qui prépare son mariage prochain avec Seiko. (Source : themoviedb)
Non renseigné
Pouah, il m'a détruite ce film.
Et puis il t'épargne pas quoi. [spoiler] Les petits qui appellent leur mère en vain et le journaliste de mes deux qui ne revient pas à temps, c'était pour m'achever. [/spoiler]
Franchement, il était magnifique et bouleversant ce film. Kinuyo Tanaka excelle dans son art dès qu'il s'agit de dresser des portraits de femme. C'est toujours percutant et intelligent.
Ici, c'est même vif, intense et cru. (Par exemple, le fait est qu'on ait une scène où l'on voit les seins nus de l'héroïne, ça paraît peut-être banal pour nous, mais pour l'époque, je pense que c'était considéré comme hyper osé.)
Maternité éternelle ou Forever a Woman (le titre a, au passage, mieux été traduit en anglais selon moi car il restitue avec un peu plus d'exactitude l'esprit du film) est en quelque sorte le pendant de La Nuit des Femmes qu'elle sortira plus tard : là où La Nuit des Femmes raconte l'histoire d'une femme (trop) libre qui doit rentrer dans le rang, Forever a Woman prend le parti inverse de mettre en scène une femme tout ce qu'il y a de plus honnête et rangée, mais qui seulement au bord de la mort et après une [spoiler] ablation de ses seins - symbole suprême de la féminité - va trouver une forme de libération. Une rage de vivre et une féminité exacerbée qu'elle n'a plus honte de brider. [/spoiler]
Elle est peut-être là la tragédie. Fumiko a toujours été la parfaite mère, la parfaite épouse et ne trouvait une forme d'expression que dans l'écriture de ses poèmes (vivement critiqués par ses pairs d'ailleurs).
[spoiler] Et c'est seulement après son opération d'ablation des seins et sans lesquels elle ne se sent plus femme [/spoiler] qu'elle va ensuite se permettre d'être autre chose que ce que l'on attend d'elle à savoir : la femme qu'elle est au fond mais qu'elle ne s'autorisait plus de montrer après des années consacrées à vivre et exister pour les autres. Elle a cette phrase absolument terrible mais qui m'a scotchée : "Je ne veux pas être poétesse ! Je veux juste être une femme."
Et le fait est qu'elle n'a jamais été aussi flamboyante, aussi femme, aussi authentique qu'à la toute fin, lorsqu'il ne lui reste plus rien, sinon cette rage intense et vivace ; son désir ardent de vivre. Son désir tout court peut-être : son besoin d'exprimer toute sa féminité.
Et cette libération passe aussi par un détail tout bête qui est la coupe de cheveux de Fumiko : durant toute la première partie, elle a les cheveux attachés (à ce moment-là, elle est encore bridée, prisonnière des codes sociaux de son époque). Et après son opération, elle a les cheveux détachés avec des boucles sauvages ce qui symbolise bien son état d'esprit selon moi.
Comme le dit Louis Aragon "Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard." C'est peut-être cela que je retiendrai du film.