Franz26 a dit (01 Juin 2026 à 07:25)
Après un premier opus ayant marqué de son empreinte le monde du Wargame, tel qu’on l’appelle à l’époque, Warcraft II confirme en 1995 ce succès planétaire et fait définitivement entrer Blizzard dans la légende. Enrichi plus tard d’un « add-one » (l’ancêtre du DLC) et d’une édition « Battle Net » mettant en évidence la dimension « on line/réseau local » alors émergente, c’est un titre mythique que nous abordons aujourd’hui. En version remasterisée s’il vous plait ! Une aubaine pour replonger dans l’un de mes jeux cultes.
Quelques petits mots de contexte pour commencer. Découvrant tout juste la masturbation, privé d’ordinateur et donc contraint de squatter le PC des copains, c’est d’abord à la manette sur Playstation que j’ai arpenté l’incroyable monde d’Azeroth. Pas la meilleure configuration, j’en conviens, et j’en profite au passage pour glisser une petite dédicace au magistral « Command and Conquer », lui aussi lié à mon amour du jeu de stratégie en temps réel. Et ce malgré la pénibilité et les limites du support console vis-à-vis du genre ! Mais je m’arrête là pour le petit historique, de toute façon déjà évoqué dans la review de « Warcraft Remastered ». Comprenez surtout que je voue une affection particulière pour le titre de Blizzard, et j’espère ne pas entacher ces souvenirs en relançant un jeu dont les mécaniques datent maintenant de trois décennies. Aie, j’ai mal à mon année de naissance…
Plus beau et plus complet, Warcraft II : Tides of Darkness reprend trait pour trait la recette de son prédécesseur et la consolide à tous les niveaux. Encore découpé en deux campagnes distinctes, orcs et humains, l’histoire, narrée via un simple défilement de texte entre les missions, assure des mises en situation variées grâce à un nombre de bâtiments et d’unités revu à la hausse. Outre le développement des unités navales, c’est aussi avec Warcraft II que l’on voit apparaitre les premiers héros, personnages uniques et puissants, qui prendront une place prépondérante dans le 3e volet. Sans doute pour conserver les sensations d’antan, on notera que l’IA n’a pas eu droit à un retraitement particulier. Il n’est ainsi pas rare de pester contre ses unités si l’on ne veille pas au grain, expertes pour se coincer ou décrocher de leur position en fonçant sur l’agresseur dans un élan patriotique aussi courageux que suicidaire.
Le gameplay s’inscrit donc dans la continuité de son prédécesseur, et les quelques options de confort supplémentaires ne bouleversent pas la donne, consistant généralement à accumuler plus de ressources que son adversaire tout en résistant intelligemment à ses assauts répétés. Notez toutefois que l’extension « Beyond The Dark Portail », presque aussi dense que le jeu principal, s’amuse à nous placer dans des situations très inconfortables en début de partie ! Exigeante sur la stratégie à utiliser et, surtout, sa vitesse d’exécution, elle apporte une diversité et un challenge supplémentaire fort appréciables.
Visuellement, le travail réalisé sur ce resmaster rend honneur à la formidable direction artistique déjà entrevue dans Warcraft : Orcs and Humans. Les modèles et textures 2D ont tous été redesignés dans un respect total du matériau originel, tout en apportant une finesse bienvenue. Le rendu à l’écran est impeccable, bonifié par un affichage lui aussi rehaussé aux normes HD et couplé à une interface remise légèrement au gout du jour. Le résultat, très propre, permet de s’immerger d’autant plus facilement dans l’univers fantastique de Warcraft. Et s’il faudra attendre le 3e opus pour franchir un gap scénaristique, le lore d’Azeroth commence doucement à se mettre en place. S’ensuit une ambiance Heroic-Fantasy au charme unique, orchestrée par une bande son magistrale.
Elles aussi entièrement retravaillées, les compositions de Warcraft II se révèlent d’une beauté affolante ! Privilégiant les rythmes et les mélodies épiques afin d’appuyer directement l’action, elles transcendent l’immersion avec des sonorités propre à la race. Consonances tribales pour les Orcs, dominance d’airs médiévaux pour les humains, l’ensemble force le respect et s’inscrit parmi les OST les plus marquantes du médium ! Associée à des bruitages solides et un doublage qualitatif (VO uniquement puisque l’excellente traduction française d’origine n’a pu être reprise), la bande son de Warcraft II fait partie intégrante de l’expérience de jeu. Une masterclass immuable.
Dans la continuité du travail réalisé sur Warcraft : Orcs and Humans, cette seconde itération HD du monument de Blizzard profite à son tour d’un dépoussiérage minutieux. Référence absolue en son temps, titre mythique devant l’éternel, il démocratise définitivement le genre du RTS sur PC. Plus que jamais accessibles et offrant désormais des conditions de jeu modernes, Warcraft II : Tides of Darkness et son extension Beyond The Dark Portal consolident les bases d’une saga légendaire. Si le gameplay peut sembler un peu limité et redondant aujourd’hui, d’où ma notation objectivement perfectible, l’expérience globale, portée par une ambiance incroyable et une bande son démentielle, n’en reste pas moins excellente. Pour l’histoire, pour la horde !
Franz26 a dit (19 Mai 2026 à 08:06)
Cinq ans après avoir conquis la scène du « Rogue-Lite » indépendant avec Hades, Super Giant Games dévoile enfin la suite de son périple mythologique. Et quoi de mieux qu’une nouvelle héroïne pour fêter ce retour tant attendu ! Mélinoë, la cadette de la famille, sera désormais l’instrument de votre carnage. Au programme : une expérience plus dense, riche et ambitieuse dans tous les aspects de jeu qui excellaient déjà auparavant ! Pari audacieux : comment réussir à renouveler la proposition ludique sans trahir le charme et l’équilibre parfait d’Hades premier du nom ? C’est pourtant le tour de force réalisé par ce second opus, qui respecte et bonifie la formule tout en limitant la répétitivité inhérente au genre.
Des années après que Zagreus ait réglé le conflit l’opposant à son paternel, naquit la petite Mélinoë. Mais l’enfant n’aura pas l’occasion de couler des jours heureux avec sa famille, puisque Cronos, Titan du temps et père d’Hades, s’échappe de sa prison millénaire et condamne toutes les divinités des enfers. L’entité emprisonne aussi son fils, qui confie in extremis Mélinoë à la sorcière Hécate. Tandis que le châtiment du Titan se manifeste par une stase temporelle généralisée aux enfers, Mélinoë grandi à la Croisée des chemins au milieu des âmes errantes. Formée par Hécate, qui l’initiera aux arts obscurs, elle n’a été programmée que dans un seul but : venger sa famille et rétablir la souveraineté des enfers ! Voici pour le pitch de base, qui ne cessera de s’enrichir au fil de la progression et des innombrables dialogues disponibles.
Car la progression d’Hades II relève autant de vos performances manette en main que des multiples échanges verbeux avec les protagonistes balisant votre chemin. Résidents de la Croisée des chemins, dieux, demi-dieux, héros, rencontres fortuites, etc… tout un pan de jeu réside dans le relationnel en s’appuyant sur une narration impeccable et une foule de sous-intrigues intéressantes. Les PNJs jouissent d’une trame de dialogues quasi infinie et la quête principale bénéficie d’un synopsis travaillé, réussissant même à justifier le concept du « Rogue-Lite » via une pirouette scénaristique. S’ensuit un récit mythologique fictif dense et très bien amené.
Porté par une direction artistique exceptionnelle et un character design aussi original que somptueux, mis en valeur par des artworks incroyables, Hades II reprend cet aspect « dessin/Comics » du premier volet et nous offre des environnements 2D riches en couleur fourmillant de détails. Chaque écran s’impose comme une petite œuvre d’art au sein d’une exposition enivrante, dont la pièce maitresse reste votre quartier général au degré de perfectionnisme hors-norme. Malgré sa vue de dessus un peu éloignée, indispensable à la lisibilité générale, la beauté des lieux visités impressionne. L’animation parfaite, la fluidité générale et les effets visuels grandioses parachèvent ce spectacle visuel hautement qualitatif, sans surprise dans la continuité de son prédécesseur.
Après avoir sélectionné votre instrument de mort le temps d’une nuit parmi la multitude d’armes et de variantes disponibles, Mélinoë se lance à l’assaut des enfers dans une configuration proche d’un Hack & Slash nerveux en vue de ¾. Le concept général ne bouge pas et impose une progression linéaire où, salles après salles, des vagues d’ennemis se dressent devant vous avant de laisser libre accès à la chambre suivante, non sans avoir au préalable ramassé le bonus de zone.
Boost de vie, de magie, bénédiction divine, grenade de puissance, pièces d’or, etc… Se sont encore les récompenses proposées à chaque embranchement qui vont guider votre chemin, avec un aspect aléatoire propre à chaque session. Sans vous expliquer toutes les subtilités en détail, on s’attardera évidemment sur les fameuses « faveurs des dieux ». Héraclès, Déméter, Héphaïstos, Hermès, etc… tout le gratin de l’Olympe, et plus encore, vous prêtera main forte dans cette quête acharnée. Les capacités de Zeus sont ainsi basées sur l’électricité, celles de Poséidon sur l’eau, Aphrodite propose de nombreuses altérations d’états, etc… Chaque divinité possède une douzaine de bénédictions simples, dont l’efficacité varie d’une gradation basique à légendaire. S’ajoute des capacités « duo » ou « d’infusion » à force de privilégier un ou plusieurs dieux lors de votre run afin de démultiplier les variables.
De façon encore plus prononcée que dans le premier volet, la diversité des armes et les possibilités de build garantissent des sessions d’une variété insoupçonnée. Car, si la courbe de progression évolue vite, votre puissance va surtout dépendre des choix opérés. A vous de déterminer les bonus les plus adéquats à ramasser en fonction de votre arme de base, de la manière dont vous l’utilisez, des affinités entre les dieux, etc… Attaque de base/chargée, technique de base/chargée, dash ou pose d’un glyphe, Mélinoë, aidée par sa célérité déconcertante, ne manque pas d’atouts pour faire mal ! A vous de maximiser l’efficacité de cet arsenal en recherchant les meilleurs synergies entre toutes les variables déjà exposées.
Si l’aspect aléatoire joue une partition claire, cette dernière peut être largement orientée. D'abord, par tous les bonus permanents que vous allez glaner via l’autel des tarots ou les incantations magiques. Le familier vous accompagnant est aussi d’une aide précieuse, tout comme les différents « souvenirs » à équiper entre chaque intermède, octroyant divers effets utiles (gain d’argent, dégâts réduits, possibilité de sublimer le pouvoir d’un dieu, soins boostés, etc…). Chacun des exemples précités pouvant s’upgrader et gagner en efficacité. Ainsi, vous n’êtes pas démuni pour mener à bien ce périple harassant, et bien qu’exigeant Hades II reste très accessible grâce à son challenge parfaitement calibré. Encore une fois, en « post-game », il est possible d’ajuster la difficulté avec une tonne malus afin de suer corps et âme comme à la première heure !
Pour entrecouper ces sessions d’action pure, il convient de fructifier vos escales à la Croisée des chemins, hub central servant de refuge après chaque tentative, réussie ou non. Outre les PNJs résidents qui ne manquent pas d’animer les lieux, Mélinoë peut allégrement profiter d’un comptoir commercial, d’un chaudron à incantations, d’un bout de jardin, d’une taverne ou encore d’un terrain d’entrainement. Liste non exhaustive, et je vous passe les possibilités purement cosmétiques à déverrouiller. Quoi qu’il en soit, cette petite halte récurrente permet de souffler entre deux parties frénétiques.
Car le bestiaire d’Hades II ne vous laissera aucun répit ! Puisant évidemment dans la mythologie Grecque mais aussi la Fantaisie pure, ces monstruosités familières s’invitent en nombre à la fête. Epaulées par quelques sous-boss puissants, ce sont avant tout les gardiens de niveau qui assurent le spectacle. S’ensuit des affrontements visuellement incroyables, quasi impossibles à remporter au premier essai tant le move-set de ces adversaires se révèle complexe. Un apprentissage par l’échec, jusqu’à maitriser les patterns à la perfection et finalement leur rouler dessus avec un sentiment d’accomplissement et de satisfaction incroyable… Jusqu’à la découverte de leurs versions cauchemardesques un plus tard dans le jeu via l’autel des Occultés ! Mais je ne vous en dit pas plus, et vous souhaite bien du plaisir…
Tous ces éléments rendent ainsi chaque session de jeu différente, même si des mécaniques de gameplay et de build finissent par sembler familières, surtout après plus de 100 heures de jeu ! Temps qu’il m’aura fallu pour tutoyer le 100%, c’est-à-dire déverrouiller le vrai épilogue, upgrader au maximum l'ensemble des armes/souvenirs, relever la quasi intégralité des défis proposés ou encore développer toutes les relations avec les protagonistes. Et ce sans que la redondance ne vienne entacher mon plaisir ! Le fait de proposer deux périples distincts, un souterrain et un à la surface, aidant grandement à la variété des runs. Fin de l’aparté durée de vie, absolument dantesque.
Si l’attractivité d’Hadès II repose en grande partie sur sa réalisation chiadée et son gameplay incroyablement addictif, impossible de ne pas créditer également sa bande son démentielle ! Des thèmes éclectiques empruntant à tous les genres. Rock, pop, métal, classique, balade chantée, etc… Une variété hallucinante de styles et de rythmes musicaux, chaque zone puisant évidemment dans un registre différent. Les mélodies accompagnent ainsi parfaitement nos escapades nocturnes, soutenues par un sound design puissant et un doublage anglais impeccable. Le tout consolide l’immersion et l’atmosphère mystique du titre, déjà largement colportées par l’incroyable DA susmentionnée. Hades II jouit ainsi d’une ambiance presque aussi addictive que son gameplay, sombre et mystérieuse, distillant même quelques notes burlesques des plus savoureuses rendant cette revisite de la mythologie Grecque absolument jouissive.
Loin des concoctions douteuses préparées dans l’immense chaudron de la Croisée des chemins, la recette proposée par Supergiant Games, malgré des airs de « déjà-vu », possède une saveur incomparable. En reprenant les bases de son prédécesseur mais en y ajoutant de l’épaisseur, l’expérience frôle désormais la perfection et Hades II s’impose comme un périple délectable, aux fondations néanmoins répétitives. En effet, malgré toute la diversité du monde et un game design parfaitement calibré, les cycles finissent par se ressembler au fil des runs. Rassurez-vous, des dizaines d’heures de bonheur vous attendent avant qu’un semblant de redondance ne vienne froisser le plaisir de jeu ! Car rarement un titre ne m’aura happé avec une telle hargne dans son univers atypique. Envouté par une réalisation grandiose, une bande son incroyable et un gameplay nerveux à l’ingéniosité folle, l’addiction fut totale ! Une aventure marquante, éreintante par moment, mais assurément divine.
Franz26 a dit (26 Avril 2026 à 07:58)
Rassure toi mon benben, connaissant ton amour comme moi pour le premier volet : tu n'es pas au bout de tes surprises et tu ne vas pas décrocher de si tôt !!
J'ai dépassé les 60 heures et suis toujours addict tant la boucle de gameplay réserve encore des challenges et des surprises après autant de temps. Débloquer la vraie fin demande un investissement certain auquel on s'adonne naturellement pour le plaisir des runs et des infinies lignes de dialogues tissant les relations entre les personnages, au profit d'une histoire intéressante.
Bref, je m'arrête la pour lui réserver une review aux petites oignons... mais pas avant de l'avoir poncé encore quelques dizaines d'heures sans doute !! On s'en parle IRL entre deux pintes dans une semaine. ;)
Franz26 a dit (26 Mars 2026 à 08:42)
Derrière cette jaquette kitch au possible se cache une belle curiosité de la Nintendo DS. Profitant du double écran de la console, Henry Hatsworth : L'Incroyable Expédition propose une combinaison étrange entre deux genres bien distincts : plates-formes et puzzle-game. Un mélange aussi étonnant qu’efficace !
Aristocrate anglais des plus distingués, Henry Hatsworth voue une passion pour l’archéologie et, lors d’une expédition au fin fond de la jungle, découvre un étrange chapeau doré. Cette trouvaille unique ravive son énergie et sa fougue d’antan. Ainsi revigoré, et encouragé par une vieille légende sur cet ensemble paré or, il décide alors de partir à la recherche des autres parties du costume mythique. Armé de sa canne et d’un mousquet, épaulé par son jeune apprenti, Henry Hatsworth s’apprête à relever un défi de taille.
Vous l’avez compris, l’histoire ne se prend pas au sérieux et la narration multiplie scènes et dialogues burlesques pour nous arracher de larges sourires. Les antagonistes donnent aussi dans le comique de situation et, si le scénario reste complétement anecdotique, il participe allégrement au ton léger de l’aventure. Une ambiance « bon enfant », confortée par une réalisation en 2D simple et colorée aux arrière-plans léchés. Une réalisation agréable, au même titre que la bande son qui accompagne cette aventure avec panache. Deux aspects soignés, pourtant loin d’être les atouts majeurs du titre. Parlons gameplay.
Sur l’écran supérieur Henry Hatsworth se présente comme un jeu d’action/plates-formes 2D traditionnel, que notre vieux bonhomme doit parcourir en prouvant sa dextérité malgré les dangers environnants. Il peut ainsi sauter, rebondir sur les murs, mais surtout donner des coups de canne ou de tromblon pour occire les nombreux monstres en présence. Pendant que vous progressez dans le niveau, les ennemis vaincus basculent sous forme de bloc dans l’écran inférieur de la console qui, lui, ne cesse de se remplir progressivement et de défiler vers le haut. Lorsque les ennemis préalablement vaincus arrivent à la limite supérieure de l’écran du bas, ils reviennent vous enquiquiner sur l’affichage principal. Il faut donc régulièrement mettre l’action en pause et switcher sur le second écran afin d’apurer son contenu.
L’enjeu de ce puzzle-game en temps réel est de fabriquer des lignes d’au moins trois carrés de couleur identique, en ne déplaçant les blocs qu’horizontalement et par paquet de deux. En privilégiant bien évidemment les cubes à tête de monstre, afin d’éviter qu’ils ne resurgissent un peu plus tard, et les réactions en chaine, histoire de multiplier les combos. Tout est question de vitesse, aussi bien pour réaliser des chaines sans interruption que pour limiter le déclin de la jauge de temps, le mode puzzle consommant de l’énergie. L’interaction avec le stage principal ne s’arrête pas là, et les nombreux items récupérés via des coffres ou sur des ennemis se téléportent dans une brique aléatoire du puzzle. Ensuite, à vous d’aller compléter des lignes colorées pour valider l’acquisition d’une vie ou d’un effet bonus par exemple.
En brillant dans le puzzle-game vous remplissez une seconde jauge qui, à son terme, permet de revêtir une armure de combat dévastatrice pendant un laps de temps limité. Un magasin vient compléter le tout et, en échange d’argent durement gagné, propose diverses améliorations pérennes pour votre personnage. L’ensemble forme un tout original mais très cohérent, maitrisé et fichtrement addictif ! D’autant que la difficulté est au rendez-vous : certains stages se révèlent retords au possible, malgré un level design un peu sage, et quelques boss vous mettront clairement à l’amende. Ces derniers font preuve d’une résilience impressionnante et l’assimilation de leur patern, moyennant plusieurs échecs, s’avère souvent obligatoire. Mention spéciale à l’affrontement final, dont la désintégration assure un sentiment d’accomplissement à la hauteur des efforts fournis !
En mixant conjointement des phases de plates-formes et de puzzle-game, Henry Hatsworth propose une expérience rafraichissante mais parfaitement maitrisée. Une proposition étonnante mêlant avec audace deux genres diamétralement opposés : il fallait oser ! Le pari est réussi, et cette singulière aventure mérite clairement le détour. Foncez !
Franz26 a dit (14 Mars 2026 à 09:21)
Je plussoie !!
Fusion tu m'as fait raquer 55€ pour me procurer le jeu en version originale sur XBOX... j'avais un trou dans la collection et jusqu'à présent j'avais mis de côté compte tenu de sa rareté ! Mais ton avis m'a fait craquer, du coup tu dois participer à ma douille non ? Je t'envoie mon RIB en PV. Merci.
Franz26 a dit (11 Mars 2026 à 07:32)
Après la résurrection inattendue de la franchise sur Wii U et une réédition HD du premier opus par la même occasion, la sortie de Bayonetta 3 quelques années plus tard s’inscrit finalement dans la continuité. Voyons voir ce que nous réservent les dernières péripéties de la plus belles de sorcières de l’Umbra.
Cette fois, pas de lutte biblique contre les armadas d’anges : la menace provient des Homonculus, entités biologiques d’origine humaine issues d’une autre dimension. Car, on le comprend dès la scène d’introduction, ce nouvel opus introduit un principe de multivers ! Viola, une jeune sorcière d’Umbra, échappe de justesse à la mort et fuit son univers après avoir assisté à la mort de « sa » Bayonetta. Elle débarque ainsi dans notre monde, les Homonculus à ses trousses, et place ses espoirs dans notre sorcière préférée. Simple et efficace, l’histoire se suit avec plaisir malgré un ton plus sombre et chaotique qu’à l’accoutumé, qui dénote encore une fois avec l’extravagance des protagonistes. Si le concept transpire la facilité, son ingénieuse exploitation apporte un vrai coup de fraicheur à l’aventure, conclue par un twist fort sympathique.
Platinum Games remet le couvert et use de son expérience incomparable en matière de Beat’em All. Aux commandes de Bayonetta, on retrouve donc un jeu d’action frénétique et nerveux alliant technicité et accessibilité. Si la recette repose toujours sur des esquives millimétrées pour figer un bref instant le temps et l’espace afin de fracasser en toute impunité ses opposants, notre belle s’appuie désormais sur une multitude de démons de l’enfer. Des entités à invoquer en temps réel en pleine action via une simple pression sur la gâchette. Disposant d’un panel de coups très réduit, le monstre prend alors de relai pendant un laps de temps limité afin de faire le ménage, tout en protégeant la sorcière voluptueuse temporairement démunie. Une mécanique originale mais assez mal intégrée à l’ensemble, puisque l’efficacité des invocations incite à leur surexploitation. Ainsi, on aura tendance à abuser du schéma esquive/ralenti/invocation au détriment des innombrables combos possibles. Et ce malgré les différentes armes disponibles, aussi originales qu’efficaces ! Un arbre de compétence sommaire complète le tableau, avec un aspect gestion/progression simpliste se limitant principalement à l’upgrade des jauges de vitalité, d’énergie et à la fabrication de consommables.
Parallèlement au maniement de la sorcière, la jeune Viola se laisse aussi manipuler pendant quelques chapitres et propose des sensations différentes. Ici pas d’esquive, il faut parer dans le bon timing pour déclencher la stase temporelle. Niveau invocation, la demoiselle doit se contenter de « Chouchou », un monstre félin complètement bariolé hébergé dans son sabre. De quoi renouveler un gameplay solide mais sans éclat, qui respire heureusement par tous ses à-côtés ! Shoot, jeu de rythme ou encore des interludes centrés sur l’infiltration en scrolling horizontal avec Jeanne, Bayonetta 3 offre une multitude de phases variées inattendues et servies par une mise en scène toujours aussi déjantée ! Les chorégraphies explosives et la démesure des adversaires sont un spectacle à part entière, dans la pure tradition de la série. S’ajoute les fantaisies rendues possibles par le multivers… mais je vous laisse la surprise intacte ! En résulte des environnements dépaysants et centrés sur l’exploration… au détriment du rythme. En effet, ces grandes zones ouvertes sonnent creux malgré une tonne de collectibles, quelques énigmes et secrets disséminés. Un level design perfectible, mais qui a le mérite de laisser le joueur souffler entre deux bastons, parfois éprouvantes !
Techniquement, Bayonetta 3 ne tranche pas spécialement avec son prédécesseur et affiche des textures datées. Le titre se rattrape évidemment avec son character design incroyable, ses boss hallucinants et l’animation de folie qui va avec ! Les effets visuels convaincants et la direction artistique atypique parachèvent un constat visuel positif, mais loin d’être renversant.
Pas de quoi influer sur l’ambiance, qui reste toujours aussi géniale et décalée ! En s’appuyant sur sa mise en scène débridée et son casting original, Bayonetta 3 profite de ce nouveau chaos dimensionnel pour nous happer dans un univers peu commun. La bande son conforte cette immersion grâce à des thèmes inspirés et un doublage Japonais au poil. Sans transition, comptez une grosse quinzaine d’heures pour venir à bout de l’aventure, et bien davantage pour les complétionnistes qui s’attarderont sur les défis propre à chaque stage.
En conclusion Bayonetta 3 s’inscrit dans la continuité de ses ainés, et s’impose comme un Beat'em all atypique dans le paysage vidéoludique. Malgré quelques lacunes et des choix de game design discutables qui risquent de froisser les puristes, Platinum Game nous offre un excellent défouloir, divertissant et généreux !
Franz26 a dit (16 Février 2026 à 07:59)
Sorti initialement sur iOS/Android avant d’être adapté en version HD pour consoles et PC, Leo’s Fortune nous propose d’incarner une petite boule de poils dans un jeu de plates-formes 2D/réflexion des plus réussis.
Développé par le studio indépendant 1337 & Senri AB, le titre étonne d’abord par sa qualité visuelle. Cette édition HD, à la fluidité exemplaire, permet d’apprécier pleinement la finesse et la variété de ses environnements 2D. Forêts verdoyantes, mines, montagnes et déserts ou entrailles mécaniques, la quête de notre insolite avatar foisonne d’arrière-plans splendides. La direction artistique léchée apporte un cachet supplémentaire, et consolide une performance technique très honorable. En parallèle, de très belles compositions accompagnent ces péripéties. Mélancoliques à souhait, les musiques contribuent à l’ambiance étrange et surnaturelle de cette petite expédition.
Dans la peau, ou les poils c’est selon, de Leopold, aristocrate richissime désormais sans le sous, votre périlleux voyage n’a qu’un seul but : traquer et retrouver le voleur du précieux or, tout en récupérant votre dû au passage ! Avec son accent russe peu banal et ses airs de Picsou, difficile de ne pas sourire devant l’intrigue décalée de Leo’s Fortune et la narration hilarante du protagoniste principal, complètement paranoïaque.
Platformer 2D/réflexion, Leo’s Fortune mêle phases d’adresses et de réflexion avec un équilibre admirable. Usant de commandes minimalistes, probablement adaptées à son support mobile d’origine, le renouvellement constant du level design et des mécaniques propres à chaque niveau engendre un gameplay aussi travaillé que plaisant. Car le jeu fourmille de bonnes idées et de petites trouvailles de game design ingénieuses. Impossible d’ailleurs de ne pas se rappeler aux bons souvenirs du hérisson bleu, notamment lorsque Léopold se lance des loopings et sauts vertigineux à un rythme effréné !
Chaque niveau comporte alors 3 objectifs distincts : récupérer l’intégralité des pièces éparpillées sur la route, terminer avant le chronomètre référence et traverser la zone sans mourir. S’il est tout à fait possible d’avancer en ligne droite, ce serait se priver de tout l’aspect « die & retry » qui apporte beaucoup à l’expérience de jeu. En effet, sans se focaliser sur les objectifs Leo’s Fortune manque cruellement de challenge ! Il ne propose aucun système de vies ou de continus : chaque niveau abonde de checkpoints, si bien que l’on peut recommencer indéfiniment et sans contraintes les passages ardus. A contrario, si le time trial reste relativement permissif, traverser un stage sans mourir ne s’avère pas toujours une mince affaire et nécessite un doigté aguerri.
Dans ces conditions, l’aventure se boucle en une demi-douzaine d’heures environ. Mais comme ma femme me le répète souvent : ce n’est pas la taille qui compte ! Surtout en rapport au petit prix du jeu sur la toile dématérialisée. N’ayant pas l’ambition de révolutionner le genre, Leo’s Fortune ne manque pas d’atouts et s’impose comme un platformer 2D/réflexion au gameplay simple mais fichtrement efficace. Un excellent titre.
Franz26 a dit (13 Février 2026 à 07:54)
Décidément coutumier des productions atypiques et après un « 13 Sentinels : Aegis Rim » acclamé par la critique, Vanillaware s’essaye encore à un mélange des genres audacieux. Proposition unique de stratégie en temps réel et de tactical-RPG au tour par tour, Unicorn Overlord s’impose comme une œuvre unique d’une qualité rare.
Dès l’introduction, l’empreinte esthétique du titre ne fait aucun doute et les équipes de Vanillaware régalent avec une réalisation 2D bluffante ! Décors d’une incroyable finesse et sprites aussi imposants que détaillés forment un enrobage somptueux, à la direction artistique inspirée. D’un château médiéval à un bourg paysan, en passant par une forêt elfique, un désert suffocant ou encore une contrée engeignée, ce mince échantillon ne rend pas justice à la diversité du voyage proposée par Unicorn Overlord ! Chaque écran prend vie avec maestria et s’apparente à une authentique œuvre visuelle d’Heroic-Fantasy. Moins tape à l’œil, le style SD de la carte du monde n’en reste pas moins joli et, malgré quelques ralentissements lors des combats chargés en sprites, l’animation parachève ce constat grandiloquent dans un style « old school » absolument charmant.
Monde médiéval-fantastique à l’équilibre délicat, Férith se découpe en 5 grandes nations et autant de souverains tentant désormais de vivre en harmonie malgré les rancœurs passées. Mais Glavius, un envahisseur sanguinaire, renverse le royaume de Cornia et vient troubler cette fragile période de paix. Dans un dernier élan de bravoure, la reine se sacrifie pour son fis et l’envoi en exil. Une décennie plus tard, le jeune prince héritier décide de venger sa mère et de rétablir la souveraineté des peuples : Glavius ayant conquis l’ensemble du globe tout en fricotant avec des forces occultes. Alain, roi en devenir, monte alors une petite troupe de guerriers fidèles et, au fur et à mesure des bourgades libérées, ralliera de nombreux alliés à sa cause. S’ensuit un scénario plutôt classique mais rondement mené, faisant la part belle aux dialogues et affinités entre les personnages qui s’étoffent au fil des rencontres et des batailles. Un casting 5 étoiles impressionnant de par son nombre et sa diversité, mis en avant par un character design magistral.
Familier des systèmes de jeu originaux, Vanillaware nous offre encore un gameplay peu commun et parfaitement maitrisé. Pour la partie combats, le concept consiste à préparer des escouades de combattants que l’on déplace ensuite sur le terrain à la manière d’un RTS. Au contact d’un groupe ennemi, la bataille se déclenche, non sans avoir au préalable affiché le résultat théorique du combat. Statistiques que vous pouvez même consulter en amont, dès lors que vous sélectionnez une unité pour l’envoyer en découdre. L’affichage change alors et zoom sur les combattants, afin que l’on assiste, spectateur, à la bataille. Les amateurs de Fire Emblem ne seront pas forcément dépaysés. En parallèle, il faut garder un œil sur l’oppressant compte à rebours, assez permissif dès lors que l’on applique une stratégie méthodique et tournée vers l’offensive, en construisant sa progression autour des bastions ennemis et des bonus de terrain (tour de guet, catapultes, etc…), tout en usant intelligemment des techniques spéciales des bataillons.
Une escouade se présente sous la forme d’un quadrillage de 6 emplacements, répartis sur 2 lignes. D’abord limité à 2 unités, vous pouvez upgrader les emplacements de vos 10 troupes potentielles jusqu’à ce qu’elles contiennent toutes 5 combattants. En effet, plus il y a d’hommes dans l’unité, plus ceux-ci vont interagir au combat. Mais la force du nombre n’est pas la seule règle à prendre en compte, puisque chaque type d’unité est plus ou moins efficace contre une autre. Les archers massacrent les unités volantes, les cavaliers écrasent les fantassins mais à contrario s’avèrent très sensibles aux lanciers, les mages doivent être placés en seconde ligne pour éviter les coups mortels, etc… Derrière ces exemples basiques se cache des tonnes de combinaisons possibles ! Faut-il mieux équilibrer ses unités ? Spécialiser certaines brigades contre un type d’ennemi ? Placer un soigneur et une unité de soutien dans chaque groupe ? Ou au contraire privilégier uniquement des combattants offensifs pour maximiser la force de frappe ? A vous de voir ! Mais l’aspect stratégique des combats ne se limite pas à la composition des escouades…
Car en amont, toute la gestion et l’intendance de vos hommes joue aussi un rôle déterminant. Outre la montée en expérience et la gestion de l’équipement, l’efficacité de vos groupes dépend aussi du paramétrage des compétences actives et passives. Car si j’ai évoqué le fait d’être spectateur des combats (que l’on passera d’ailleurs la plupart du temps malgré la beauté des sprites et de leurs animations), les directives générales dépendent bien de vous ! Chaque soldat dispose de compétences actives et passives, et d’un nombre limité de points d’action. A vous de sélectionner les habilités qui vous intéressent et de les hiérarchiser avec des conditions spécifiques.
Concrètement, imaginons un prêtre lambda avec une directive première du genre : « Soin », associé à « si PV personnage allié inférieurs à 50% ». Sa deuxième tâche de la liste serait : « résurrection », couplée à « si personnage allié KO ». Et enfin, la troisième directive renvoie à un sort magique de lumière offensif et la condition « privilégier ennemis en armures ». Avec cet exemple primaire, les deux premières conditions ne se déclencheront pas forcement et votre mage blanc va agir selon le déroulé de la bataille. Si le combat ne met pas ses alliés en danger, il va donc dépenser tous ses points d’actions dans des sorts d’attaque, en commençant par les adversaires en amure. Cas contraire, il sera peut-être exclusivement concentré sur ses ordres curatifs sans lancer une seule attaque magique.
Un exemple simpliste mais qui illustre bien toutes les possibilités offertes. A vous de créer des synergies propres à votre escouade et gérer au mieux toutes les actions préétablies. Un concept passionnant, à condition de ne pas être allergique au temps passé dans les menus de paramétrage ! D’autant que ceux-ci deviennent vite indigestes… Si la montée en expérience permet de déverrouiller automatiquement de nouvelles actions régies par la classe de l’unité, armes, boucliers et accessoires sont aussi des leviers primordiaux pour s’attacher de nouvelles compétences et, surtout, augmenter le nombre de PA et de PP des personnages. Je passerais rapidement sur le système de médailles, récompenses post batailles permettant de promouvoir une unité à la classe supérieure, d’augmenter la taille des escouades et de s’offrir les services de mercenaires dans les forts. Bien que le roster scénarisé se révèle bien assez conséquent pour ignorer cette dernière prestation.
La mappemonde d’Unicorn Overlord pullule d’ennemis, de villes, de PNJs, de lieux secrets à visiter et, surtout, de ressources en tout genre ! Un système de crafting parachève ainsi une boucle de gameplay ingénieuse, avec comme enjeu principal la restauration des cités de Férith moyennant fourniture de matériaux. Bien évidemment, or et médailles récompenseront cet altruisme pas si désintéressé… Missions d’escarmouches, secondaires, principales, rencontres d’affinités, etc…, la carte sera vite saturée d’indications mais reste d’une lisibilité irréprochable, et propose un système de téléportation instantané très confortable.
Evoquons rapidement la bande son du jeu, pourtant elle aussi de grande qualité. Thèmes d’ambiance, mélancoliques, compositions envoutantes ou épiques, la variété est de mise et accompagne votre périple avec soin. Le doublage anglais se veut lui aussi impeccable, et ce malgré la quantité de protagonistes prenant part à l’aventure. Cet ensemble sonore conforte une ambiance Heroic-Fantasy plutôt classique mais non moins immersive, portée par la formidable direction artistique susmentionnée et une 2D aguicheuse.
Certes, Unicorn Overlord demande un peu d’investissement avant de pouvoir s’immerger complètement et savourer chaque composante du titre. Ensuite, ce sont des dizaines d’heures de bonheur qui vous attendent ! Passé cette petite contrainte d’accessibilité, et une fois tous les ressorts du gameplay maitrisés, les habitués du genre auront même tendance à rehausser la difficulté d’un rang pour maintenir un peu de tension et de challenge. Malgré tout, il m’a fallu près de 70 heures de jeu pour boucler l’aventure et tous ses à-côtés. Vanillaware nous propose un nouveau mélange des genres, équilibré, addictif et rafraichissant. Une prise de risque salutaire qui place Unicorn Overlord sur l'échiquier des meilleurs T-RPG de ses dernières années. Probablement la plus grande réussite du studio à ce jour : un indispensable pour tous les amateurs du genre !
Franz26 a dit (01 Janvier 2026 à 10:19)
Finir l’année avec une touche de Poésie. Telle était mon ambition en lançant le titre du petit studio Français « Don’t Nod », afin de clôturer mon millésime 2026 vidéoludique en douceur. Dans la lignée des jeux contemplatifs au gameplay minimaliste, domaine dans lequel Journey règne encore en maitre aujourd’hui, Jusant propose une expérience atypique et relaxante, invitant à un voyage spirituel empli de mystères. Préparez votre cordage, l’ascension débute !
Commençons avec un petit point culture : le terme « jusant » est tiré du mouvement descendant de la marée basse, considéré comme plus calme et reposant, propice à la méditation. L’eau, une thématique au cœur de cette expérience vidéoludique rafraichissante. Le périple débute aux pieds d’une majestueuse montagne, avec comme seul chemin possible : l’ascension. Pas le temps de tergiverser, notre énigmatique protagoniste doit chausser son baudrier et assurer son cordage pour débuter une grimpette vertigineuse vers des sommets insondables.
Gâchettes gauche et droite mimant les mouvements des mains pour s’agripper, gestion des sauts, des pistons, du rappel et surtout de la jauge d’endurance, le gameplay s’apprivoise rapidement mais gagne petit à petit en profondeur. Suffisamment pour maintenir l’intérêt et éviter la lassitude durant les quelques heures de voyage, malgré une absence quasi-totale de challenge. Mais si l’on ne ressent pas l’adrénaline propre à l’alpinisme, Jusant n’en reste pas moins un bel hommage à la discipline.
Si vote but consiste à gravir ce mont infini, Jusant offre aussi de nombreux moments d’exploration plus terre à terre. La montagne abrite les vestiges d’une civilisation humaine disparue, et bien que cryptique la narration distille suffisamment d’éléments passés pour s’immerger avec émotion dans ce background tragique. Lettres et souvenirs témoignent en effet de la décrépitude d’un peuple en cours d’extinction, menacé par des réserves d’eau épuisées. Cette sécheresse, message écologique évident, a eu raison des humains d’antan qui s’étaient parfaitement approprié la montagne, aménageant versants et voies de traverses. Anciens marins retranchés dans les hauteurs/profondeurs de la roche lorsque la mer céda sa place à un désert de sable, en quête d’un sommet inatteignable et du maigre espoir d’y trouver de l’eau douce.
Jusant brille évidemment par sa réalisation originale et nous propose des panoramas époustouflants entrecoupés de décors grandioses, qui donnent envie de se perdre dans une escapade verticale réservant bien des surprises. La montagne abrite tout un écosystème dépaysant, et chaque chapitre possède sa propre thématique visuelle. Une direction artistique incroyable, teintée de mysticisme, où la contemplation se mêle à un sentiment d’humilité devant l’immensité et la force brute de dame nature.
Afin de parachever l’expérience, Jusant se dote d’une bande son relaxante invitant à l’évasion, soutenue par un « sound design » minutieux. Le tout forme une harmonie sonore bienveillante, composante intégrale de l’ambiance unique du titre.
Evidemment Jusant n’est pas à mettre entre toutes les mains, et certains resteront probablement hermétique à sa proposition originale malgré le fameux argumentaire objectif : « c’est poétique, ferme ta gueule ! ». Un périple onirique maitrisé qui ne m’a pas « bouleversé » outre mesure, mais auquel je concède volontiers quelques fulgurances émotives rares, servies par proposition visuelle de haute voltige.
Franz26 a dit (31 Décembre 2025 à 07:40)
Saga phare de Sega débutée sur Playstation 2 et marchant dans les traces du légendaire Shenmue, c’est pourtant un épisode hors des sentiers battus qui se présente à nous aujourd’hui, sous la forme d’un pari audacieux : transposer un jeu d’action-aventure en un J-RPG au tour par tour ! Si la formule change, le contexte ne dépaysera toutefois pas les amateurs de la franchise et s’inscrit dans la continuité d’une série très prolifique, à laquelle je n’ai pas touché depuis le second opus…
A la vue des excellents retours critiques, cette itération à la « sauce RPG » m’a donné l’envie de replonger dans la franchise Yakuza ! Aux commandes d’Ichiban Kasuga, mafieux déchu au grand cœur, nous voici embarqué dans une intrigue incongrue où s’entremêle crimes, complots, trahisons et politique. Une aventure prenante à la mise en scène soignée, où des passages guignolesques côtoient des évènements dramatiques imbibés de thématiques sérieuses (familiale, loyauté, sacrifice, etc...). Un contraste étonnant, matérialisé notamment par la différence de ton entre l’histoire principale et la légèreté des missions secondaires : toutes plus loufoques les unes que les autres ! Une trame travaillée, mais manquant clairement de rythme notamment à cause de la passivité générée par les cinématiques à rallonge et des dialogues interminables. Car oui, Yakuza : Like A Dragon est un jeu très bavard !
Si l’on ne peut parler d’open-world, Yakuza : Like A Dragon laisse champ libre au joueur dans un immense quartier fictif de Tokyo, grouillant de monde et d’activités. On se prend ainsi au jeu de la vie citadine japonaise, en savourant l’ambiance de cette métropole atypique. Vagabonder devient vite un art à part entière, reflet de la générosité du titre ! Impossible de recenser toutes les possibilités offertes, mais outre les multiples quêtes annexes, de nombreux divertissements s’offrent à vous : salles d’arcade (avec des classiques de la firme ayant marqué l'histoire du médium), golf, baseball, casino, crafting, jeu de rythme, cuisine, etc… Si la plupart restent marginales, certaines activités valent vraiment le détour. C’est le cas de la gestion d’entreprise par exemple, dans laquelle je me suis impliqué de longues heures afin d’engranger des millions de yens, et, dans une moindre mesure, du « Dragon Kart ». Clone bancal mais plutôt fun de la célèbre saga éponyme. Magasins et restaurants foisonnent aux 4 coins de la ville, et permettent de s’approvisionner quant à eux en objets et équipements. En résulte un contenu dense et diversifié, assurant une durée de vie conséquente à travers 15 chapitres, et ce même en limitant les à-côtés.
Je ne m’éterniserais pas sur le système de combat au tour par tour : choix de jobs, montée en expérience et spécialisation, gestion de l’équipement, malus et bonus d’états, système de forces et faiblesses, parade, etc… On retrouve toute la panoplie du J-RPG traditionnel, complet et efficace malgré quelques combats redondants et des pics de difficulté mal gérés. Le plus drôle, c’est que le titre arrive à justifier son orientation à travers la passion du héros pour la série Dragon Quest !
En effet, l’amour qu’Ichiban voue à ce J-RPG mythique couplé à son imagination débordante servent de prétexte pour apporter une touche fantaisiste au monde moderne. Le tout en gardant un aspect terre à terre des plus cocasses ! Pour changer de « job » par exemple, il faut se rendre au pôle emploi local ! Encore mieux, certains PNJs rencontrés durant vos péripéties endossent le rôle d’invocations… moyennant finances ! Le titre ne se prend donc pas au sérieux et parodie tout un genre avec une touche d’humour nippon inimitable. En revanche, les donjons, conditionnés le plus souvent à des égouts ou des bâtiments contemporains, sont assez insipides tant visuellement qu’en terme de level design. Mais cette problématique semblait difficile à contourner…
Techniquement, Yakuza : Like A Dragon impressionne par la modélisation de ses personnages et le réalisme des visages. La ville se veut également bien modélisée, et la qualité de l’animation et des effets visuels assure un constat général de bonne facture malgré quelques textures bas de gamme et des temps de chargement un peu longs. Niveau sonore rien à redire, et si les musiques d’ambiance jouent leur rôle d’accompagnant avec brio, on saluera surtout l’excellent doublage japonais des acteurs. Un casting assumant son lot de clichés, original et varié, même si niveau charisme j’ai rarement vu un roster principal aussi naze (mention spéciale à Namba le clochard…). Ce qui n’empêche pas de s’attacher aux héros et de développer leur petite intrigue personnelle.
Pour une première excursion dans le monde du J-RPG, Yakuza : Like A Dragon s’en tire très bien ! Sa densité et sa générosité gomment vite ses quelques maladresses, et, à défaut d’apporter une véritable plus-value à la franchise, ce changement audacieux d’orientation a le mérite de rafraichir la formule tout en conservant l’aspect bac à sable originel. De quoi piquer la curiosité des amateurs de J-RPG avides d’une proposition ludique peu commune, matérialisée ici par un univers mafieux atypique rarement exploité dans ce milieu. Assurément un bon jeu, méritant toute votre attention.